Dès le 1er mai 1871 le service des chemins vicinaux dresse
un état "des dégradations causées aux ponts par mesures stratégiques de
guerre en septembre 1870" et des réparations à prévoir. Pour le pont de
St-Assise "le rétablissement définitif de l'ouvrage devra consister dans
la réparation du parapet, le remplacement d'une entretoise, le redressement
des fers tordus et la réfection du tablier sur une longueur de 10 à 12 m. Ce
travail peut être évalué à 2200F"(ADSM Op4042). Les
réparations sont terminées l'année suivante et il suffit de (payer
pour) passer le pont !
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Tarif
du péage prévu en 1860 Toute personne chargée
ou non, à pied, à cheval ou en voiture 0 f 05 Tout cheval ou
mulet chargé ou non, monté, attelé 0,10 Chaque voiture à bras
0,05 - Chaque voiture à âne 0,05 Chaque
voiture ordinaire non suspendue 0,15 - Chaque voiture
ordinaire suspendue 0,30 Boeuf, vache ou âne 0,05 - Boeuf ou
vache appartenant à un marchand, pour la vente 0,10 Veau,
porc, paire de moutons, de chèvres, d'oies, de dindons... 0,02 Le
droit ne sera dû que pour l'animal marchant. Tout animal allant
au labour ou au pâturage paiera moitié prix; il en sera de même
des animaux employés au transport des engrais, graines et fourrages
de la ferme aux champs et réciproquement.
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La maison du péager, prévue dès le cahier de
charges, avait été construite à l'extrémité du pont, rive gauche.
Le tarif de 1860 témoigne d'une économie locale encore exclusivement
agricole. Mais, vers 1870, s'amorce un timide développement industriel
de Ponthierry. A la distillerie de betteraves Desforges-Duguet
apparue vers 1858 s'ajoutent la sucrerie Chuffard et les produits
chimiques Cotelle. Approvisionnement en betteraves ou écoulement
des "extraits de Javel concentrée", le trafic change de
nature, les tarifs sont inadaptés. De plus, à l'approche du
premier centenaire de la Révolution, la IIIème République naissante
voit d'un mauvais œil des péages contre lesquels s'étaient
soulevés les patriotes de 1789! On lance donc une vaste opération
de rachat des péages, déclarée d'utilité publique le 13.01.1881. Pour
la financer, l'Etat fait appel aux communes, sans grand succès en
ce qui concerne Seine-Port. Mais les industriels locaux préfèrent
se débarasser de charges qui s'alourdissent chaque année et participent
au financement. L'affaire est conclue avec le constructeur Goffard
pour 50 000F. Le 13 juillet 1881, le Préfet écrit aux maires : "la
perception des péages cessera le 14 juillet, jour de la fête nationale
(depuis 1880)...dès la première heure,
les ponts seront livrés à la circulation gratuite " (ADSM
Op 4246).
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Mais bientôt les usagers habituels "à pied,
à cheval, en voiture" vont faire d'étranges rencontres à deux
ou quatre roues, silencieuses ou pétaradantes : bicyclettes, automobiles
et camions remplacent peu à peu piétons, cavaliers et charrettes.
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En 1905, pour répondre à ces nouveaux besoins,
le pont est reconstruit et élargi : quatre travées, poutrelles
à treillis type Pratt et deux trottoirs pour les piétons. Sur l'ex-poste
de péage, devenu maison du gardien, est inscrit " République
Française - Pont de St Assise".
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