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Des origines jusque
vers 1850, le calendrier du vigneron, très chargé, n'a guère varié.
Pas de récolte sans un travail incessant: «Qui bine vigne ». Au
départ, il faut défricher, épierrer, planter de simples boutures
espacées. On mélange les cépages pour se garantir contre les aléas
du climat.
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 En 1556, Romain de
Mormont, curé de St Fargeau, résidant à Paris, « donne à ferme
sa paroisse à Jehan Jouyn, prêtre demeurant à St Fargeau, pour 700
livres et cent muids du meilleur vin que ledit tiendra au Port de
St Fargeau, à charge de labourer, provigner, enfumer et enchalasser
et de faire les trois façons et tout autre soins.» Sans parler
de tailler, d'ébourgeonner, de rogner, d'écimer et de remonter la
terre au printemps !
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Femmes et enfants sarmentent
après la taille, échenillent en mai. Contre la cochenille,
la galle et autres parasites, on mène aux vignes poules ou
dindons. Chaque pied est soutenu par un échalas. Les ceps, sont
renouvelés par “provignage” (une forme de marcottage). Loin de nos
modernes alignements, la vigne se conduit “en foule”. Tonneliers,
vanniers, charrons et forgerons fabriquent sur place tout le matériel
nécessaire. Enfin, les vendanges réunissent tout le village : après
la vigne, c’est le pressoir, la cave ou le cellier qui mobilisent
toutes les énergies jusqu’au premier verre de vin nouveau.
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 Dès le XV° siècle,
les fameux vins blancs du vignoble “parisien”, perdent leur renommée.
Pour répondre à la demande parisienne, la vigne gagne les plateaux
et on augmente la production de vins rouges de basse qualité. Des
marchands peu scrupuleux font néanmoins passer ceux de Saint Fargeau
et Tilly pour “des vins de la petite Bourgogne sur le marché
parisien”. En 1840, un guide signale que “St Fargeau possède un
clos de vigne dont le vin est renommé”: c’est celui de la
Borde ou du Prieuré, propriété des moines Augustins jusqu’à la Révolution,
devenu propriété bourgeoise.
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©
Jean ROBERT |